L'histoire
Charmante
bourgade haute-Saônoise, Vauvillers est située aux
confins de 3 régions, la Champagne, la Lorraine et la
Franche-comté à laquelle elle est
rattachée.
Vaulx
Villers (le village de la vallée) n'était à
l'origine qu'une "banlieue" de Montdoré, le village
situé 100m plus haut et qui était plus facile à
défendre des hordes d'envahisseurs.
Dans l'ombre
de Montdoré, l'essor de Vauvillers ne débutera que vers
les III° et IV° siècles. Nous articulerons
l'histoire du village sur 3 périodes : le moyen âge, le
rattachement à la
France et la période
moderne.
Le Moyen Age :
Le village sera administré pendant de nombreuses années par 2 suzerains: un pour la partie bourguignone ou comtoise selon les époques, sur la rive gauche du Conain (actuellement Coney) et un pour la partie lorraine, sur la rive droite.
Gauthier I de Bauffremont ( ?, 1396) qui hérita de son père, Perrin, les terres situées en Bourgogne y construisit une première place forte à l'emplacement du château d'aujourd'hui.
Les seigneurs suivant renforcent la place forte, érigent des halles et Vauvillers devient une plaque tournante du commerce dans la région.
La peste
frappe le village en 1438 sous l'administration de Jean de
Bauffremont (1429-1479).
Ce seigneur,
militaire et diplomate, sera conseiller du duc de Bourgogne :
Philippe le Bon.
En 1477,
Charles le Téméraire meurt et peu de temps
après, sa fille unique épouse Maximilien d'Autriche et
lui apporte le duché de Bourgogne. La portion comtoise de
Vauvillers doit passer dans la maison d'Autriche et la portion
Lorraine rester à ce duché.
La
situation est inextricable et les frontières entre les deux
régions impossibles à définir; Vauvillers est
décrété "en surséance" et sera
jusqu'à nouvel ordre indépendant.
La
seigneurerie demeurera libre pendant plus de 130 ans, les deux
seigneurs agiront leur guise, comme des rois. Philibert du
Chatelet (1429-1485) et Nicolas du Chatelet (1485-1519), seigneurs de
la partie lorraine, seront souverains de Vauvillers. Nicolas va
battre monnaie. 2 pièces différentes sont visibles sur
un site de numismatique : un 1/2 carolus ou petit blanc et le liard
à la croisette, ainsi que le texte qui les
accompagne.
La
contrebande se développe et les pièces sont interdites
à la fois en Franche-Comté et en France.
Nicolas II (1525-1562) fut le dernier seigneur du chatelet, gentilhomme de bouche de l'empereur Charles Quint et gentilhomme de la chambre du roi Henri II, il exerce son droit régalien sur un fief très prospère. Il meurt en 1562 à la bataille de Dreux en combattant les huguenots. Il est inhumé dans l'église et sur sa tombe on sculpte sa statue équestre qui sera détruite à la révolution.
En 1595, Henri IV rêve de conquérir la Franche-Comté, il en charge un lorrain, Louis de Beauvau, seigneur de Tremblecourt. Vauvillers sera détruit, les mercenaires brûlent les récoltes et les maisons et pillent tout sur leur passage. Ces massacres ne serviront à rien puisque la Franche-Comté restera encore dans le giron espagnol pour quelques années.
Les halles seront reconstruites en 1595 et l'église en 1605.
A cette
époque la forêt est, déjà, une des
richesses du fief, avec les verreries et les forges, nombreuses dans
les forêts de la rive droite du Coney. Le bois, reconnu d'une
exceptionnelle qualité, sera vendu aux chantiers navals de
France.
Les
libéralités des seigneurs rendent les habitants plus
à l'aise que ceux des communes voisines.
Après les mercenaires de Tremblecourt, deux mois après l'inauguration de l'église, c'est la grande peste de 1605 qui frappe pratiquemment toutes les familles de Vauvillers. Ennard de Livron, le seigneur du moment, s'attaque aux sorciers et sorcières que l'on accusaient de tous ces maux. Plusieurs exécutions capitales par décapitation ou sur le bucher seront prononcées.
En 1613, Fançois de Livron et René de Vienne, les deux co-seigneurs, demandent la fin de la surséance et se mettent sous la dépendance et la protection de l'Espagne.
En 1636, les suédois à la solde de la France envahissent la Franche-Comté, détruisant tout sur leur passage. Vauvillers est à nouveau pillé. Les halles sont endommagées et l'église détruite, elle sera reconstruite, moins belle en 1652.